Un reportage de Gabriela Lupu : Terminal VIH
mai 2007
Coup de coeur de la lettre d’information de Photographie.com du 16 mai 2007, un reportage de Gabriela Lupu sur deux femmes touchées par le VIH.

" Marie et Anne sont atteintes du SIDA. Le stade avancé de la maladie a changé le cours de leur vie : contraintes au quotidien, solitude, dépendance des services de soins, impossibilité de quitter le domicile.
Je suis allée les rencontrer avec l’envie de les écouter, d’en savoir plus sur leur vie et recueillir leur témoignage. "
Marie, 32 ans, et son compagnon
« C’est dur car j’ai deux maladies : j’ai le SIDA et puis j’ai le cancer.
C’est deux maladies à gérer, quoi…et c’est hyper dur …
Mais le plus dur pour moi c’est le cancer, parce que ça, ça fait des ravages. J’espère m’en sortir, quoi…C’est surtout à ça qu’on pense…et je préfère que ça s’arrête, tout ça.
Tu sais que tu as eu le maximum toi !
Ah ! Moi j’ai eu la totale…
En quatre ans elle a tout pris, le VIH, le cancer …
Et puis j’ai un garçon… mon fils, je peux pas l’avoir avec moi ! Il a été placé en famille d’accueil.
Mais il vient là demain, il vient tous les quinze jours, encore me voir.
Il y a la trithérapie, ils se disent « il y a la trithérapie, on est sauvé », mais c’est pas vrai,
on est pas sauvé, on est malade à vie !
C’est beaucoup de contraintes quand même, des piqûres, la trithérapie, avaler des cachets tous les jours, puis les maladies opportunistes : cancer, tuberculose, toxoplasmose…le rhume, la sinusite, tu chopes tout.
Au niveau de la séropositivité, il y a beaucoup de cancers qu’on attrape.
Quand j’ai appris la séropositivité j’ai eu du mal à l’accepter, j’ai mis au moins un an à l’accepter, et tous les jours j’y pensais…c’est pas la peine quoi…tu vis pas… »
Anne, 40 ans
« Mon message c’est d’aimer la vie avant tout !
J’étais dans le coma, et je m’en suis sortie.
Je suis sous oxygène 20h sur 24…mon message c’est de tenir jusqu’au bout. (…) La drogue c’est quelque chose de très dur, quand on en prend au début, c’est pour faire du bien… et après ça fait de mal. On en prend de plus en plus et ça fait vraiment beaucoup de mal. C’est difficile de décrocher tout d’un coup. C’est hyper dangereux… maintenant on en meurt de plus en plus ».
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