Surmortalité maternelle des femmes de nationalité étrangère : la faute aux soins ?
mars 2009
Deux fois plus de mortalité maternelle chez les femmes étrangères que chez les Françaises ! c’est le résultat d’une étude ayant porté sur les décès enregistrés entre 1996 et 2001 par l’Enquête confidentielle sur les morts maternelles. Rappelons que la mortalité maternelle est définie comme celle qui survient " au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, quelles qu’en soient la localisation ou la durée, d’une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu’elle a motivés, mais ni accidentelle ni fortuite. "
Cette mortalité est nettement supérieure chez les femmes d’Afrique sub-saharienne (plus de 5 fois) et les femmes d’Amérique et d’Asie (plus de 3 fois).
Un des buts de l’enquête était de déterminer si cette surmortalité, déjà connue, était due à des caractéristique propres à ces femmes ou à la qualité des soins qu’elles ont reçus. La conclusion est affligeante : " Parmi les décès, les soins prodigués étaient plus souvent non optimaux chez les femmes de nationalité étrangère (78 % vs 57 %)." Les auteurs suggèrent que " le sur-risque de décès maternel pourrait être en partie expliqué par des facteurs liés aux soins."
Quels sont ces facteurs ? L’étude ne permet pas de conclure, mais les auteurs en identifient quelques uns :
difficultés de communication entre les soignants et les femmes, aboutissant au non-diagnostic de certains symptomes et à une mauvaise observance ; les auteurs notent que " l’absence de traducteurs et de soins culturellement adaptés peut constituer un obstacle à une bonne consultation prénatale " ;
déclaration plus tardive de leur grossesse par les femmes ;
situation irrégulière sur le territoire, entraînant une insuffisance ou une absence de surveillance médicale.
BEH. numéro 9 du 3 mars 2009
: Surmortalité maternelle des femmes de nationalité étrangère en France et qualité des soins obstétricaux : étude nationale 1996-2001
|