Recherche en sciences du vivant : une méthode d’évaluation des équipes redoutablement efficace
septembre 2007
Dans les Echos du 17 juillet, un article passionnant de
Philippe
Even (président de l'Institut Necker) et Alain Perez
(journaliste) sur
la méthode d'évaluation des chercheurs "seniors"
en sciences de la vie
mise au point par l'Institut Necker.
Son triple objectif est très explicite : " repérer
l'élite pour
lui donner carte blanche dans le choix de ses thèmes de
recherche ;
distinguer les chercheurs, équipes et institutions de
qualité, pour les
inciter à s'engager dans les axes jugés
prioritaires dans l'intérêt de
la nation ; repérer la masse des scientifiques en
difficulté pour les
aider à se recentrer."
Elle est fondée sur le "facteur d'impact",
c'est-à-dire le nombre
d'articles publiés par les revues scientifiques de
référence,
elles-mêmes classées en 3 groupes ("
super-excellence " : au nombre de
7 dans le monde ; excellence : 82 ; autres : 1870 ; journaux de langue
anglaise ; chaque parution donne une note différente en
fonction du
groupe).
L'originalité de la méthode "Necker" est
d'attribuer la note
"manuellement" : c'est un humain, et non un logiciel, qui examine la
contribution de chaque auteur de chaque article : dans beaucoup
d'articles, la signature ne révèle pas le travail
réel, mais
l'appartenance à un labo.
Elle est donc beaucoup plus précise que les
méthodes habituelles
(par exemple, celle utilisée dans le fameux "classement de
Shangaï),
qui ne sont pour autant pas discréditées (elles
permettent, par
exemple, des classements assez pertinents entre pays ou entre
universités). Elle rend possible une évaluation
plutôt correcte de
chaque équipe et de chaque chercheur.
Un de ses résultats est redoutable : " Le
tiers de nos équipes de
recherche vivent aux dépens de celles qui produisent. Elles
pourraient,
sans inconvénient et même avec de nombreux
avantages, fermer demain."
Celui-ci ne l'est pas moins : " 101
chercheurs constituent un groupe de « super excellence
». Une
cinquantaine de ces chercheurs hors norme font véritablement
partie du
peloton des « french stars » de la « jet
society » scientifique
internationale. En toute logique, cette élite devrait
bénéficier d'une
liberté d'action totale et de moyens pratiquement
illimités pour
rivaliser avec ses concurrents de Boston, San Diego ou de Londres."
Ce qui éclaire utilement le débat sur la
réforme de la recherche...
Voir aussi un article de Philippe Even dans un document de
l'Académie des Sciences à
télécharger : Evolutiondes publications scientifiques - le
regard des chercheurs.