Nouvelle édition du Traité de santé publique
janvier 2008
Pendant longtemps, la santé publique a été considérée comme une espèce de parent pauvre de la médecine, regardée au mieux comme une hygiène de masse. Il est convenu de dire que les crises sanitaires ont changé la donne (sang contaminé, vache folle, sida, etc). L’affirmation est vraie, mais le Traité de santé publique publié sous la direction de François Bourdillon, Gilles Brücker et Didier Tabuteau montre une évolution bien plus profonde, en grande partie due aux progrès considérables de la médecine elle-même comme aux évolutions sociétales. Par exemple, tout "acteur de santé" sait que le récent « droit des patients » constitue une révolution majeure dans l’appréhension de la santé, avec, par exemple, une place de plus en plus importante des associations.
La simple lecture du sommaire en convaincra, divisant l’ouvrage en grands thèmes éloquents, parmi lesquels : sécurité sanitaire, veille sanitaire, environnement, prévention, médicament, assurance maladie, recherche, état de santé et pathologies (inégalités, maladies chroniques, maladies transmissibles, addictions, etc), nutrition, accidents et violences. Elle dessinera aussi en creux les évolutions amorcées, notamment dans la prise en compte des affections et pathologies liées au travail.
Il serait cependant dommage de s’en contenter : les articles sont clairs, concis et didactiques. Leur lecture devrait sans peine convaincre chaque professionnel de santé que non seulement il fait de la santé publique « sans le savoir », mais qu’il a tout intérêt à s’y intéresser de près. Cette seule raison suffirait pour parier que cette seconde édition rencontrera le même fulgurant succès que la première.
Traité de santé publique, sous la direction de François Bourdillon, Gilles Brücker et Didier Tabuteau. Flammarion 2007. 746 pages. 115 euros