Médicaments et recherche : comment innover ?
décembre 2007
Dans les Echos du 17 octobre 2007, Alain Perez fait une mise au point éclairante sur les problèmes rencontrés par la politique de recherche de nouveaux médicaments en France. Il commence par rappeler la crainte d’un assujettissement de la recherche publique aux investisseurs privés, bien résumée par l’opinion de Jacques Testard, selon lequel " la recherche académique biomédicale française (est) tombée « entre les mains de l’industrie pharmaceutique et (ne fait) plus de recherche mais de l’innovation »." Position essentiellement culturelle pour Pierre Tambourin, directeur du Génopole d’Evry.
Même si elle est encore celle de nombreux chercheurs, elle semble minoritaire au regard d’une "enquête récente", selon laquelle 89 % d’entre eux pensent qu’il faut augmenter le budget de la recherche dans les sciences du vivant, ce qui ne surprendra guère, avec 67 % qui pensent qu’il faudrait « développer les coopérations public-privé sous forme de pôles ou de réseaux ».
En effet, note " Jacques Haiech, enseignant en biologie à l’université de Strasbourg et codécouvreur d’une molécule anti-Alzheimer actuellement en cours d’essais cliniques : « Un brevet ne vaut rien tant qu’il n’est pas exploité »." D’autant, ajoute Cécile Tharaud, présidente du directoire de la filiale de l’Inserm en charge des transferts de technologie (Inserm-Transfert), que " contrairement à une idée reçue, une politique de valorisation offensive ne nuit pas à la qualité des recherches de base. C’est exactement le contraire," comme cela est démontré depuis 30 ans aux États-Unis.
Enfin, l’ancien directeur général de l’Inserm, Christian Bréchot, plaide en faveur de l’organisation de la recherche autour de quelques grands centres européens, de " haut niveau technique ", accueillant " les chercheurs les plus talentueux ", bénéficiant de financements importants et " au centre de réseaux formés de petites équipes flexibles travaillant sur des projets très pointus. " Soit le contraire de ce qui se fait actuellement en France ", note Alain Perez.
Il y a pourtant urgence : les réussites françaises " commencent à dater..."