La qualité des soins dépend elle de leur quantité ?
novembre 2008
Le numéro 135 de
Questions d'économie de la santé
, édité par l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) est consacré à une étude sur la relation entre quantité et qualité des soins hospitaliers. On en trouvera un excellent résumé sur le blog
Oncopital
, dont voici quelques extraits qui ne vous dispensent pas de cliquer sur le lien !
" Il ressort des 175 études consacrées à ce sujet que, globalement, plus le volume d’activité est important meilleure est la qualité des soins. Les auteurs avouent cependant que l’analyse est difficile compte tenu de la très grande hétérogénéité des méthodes d’étude et des indicateurs choisis pour apprécier la performance soignante finale. Toutefois, malgré ces réserves, il semble bien que, tout au moins pour les actes complexes pour l’essentiel chirurgicaux, une concentration des patients relevant de ces procédures thérapeutiques s’accompagne d’une nette amélioration de la qualité de prise en charge.
Deux phénomènes peuvent expliquer cette tendance lourde : soit la quantité induit la qualité par un effet d’apprentissage favorisé par la répétition fréquente des mêmes procédures, soit la qualité reconnue d’une équipe entraîne un adressage préférentiel qui augmente son niveau d’activité. L’hypothèse d’un mélange des deux est tout à fait plausible."
Il vient évidemment tout de suite à l’esprit que cette étude renforce un des arguments en faveur de la fermeture des petits hôpitaux (le faible nombre des actes compromet leur qualité). La question a été posée par l’IRDES à un des auteurs de l’étude, Zeynep Or, qui répond :
" Notre étude montre simplement que, pour certaines procédures et interventions, en particulier pour la chirurgie complexe, il existe un réel risque de non-qualité, souvent avec des conséquences vitales, lorsque le volume d’activité des établissements ou des chirurgiens est faible. (...) Dans ce sens la centralisation de certaines interventions/procédures va dans le bon sens pour améliorer la qualité. Pour autant, notre étude n’est absolument pas une prescription pour la fermeture des petits hôpitaux, mais incite plutôt à suivre la voie de la réorganisation de l’offre de soins afin de satisfaire au mieux les besoins locaux. Par exemple, il est certainement possible d’améliorer l’accès aux services d’urgence, en investissant dans les transports sanitaires dans les zones rurales. (...) Dans ce contexte, la création des communautés hospitalières de territoire (CHT), qui permettront aux établissements de coordonner leurs interventions, dans une logique de graduation des soins, proposée dans le projet de loi « Hôpital, santé, patient, territoire » va de mon point de vue dans le bon sens." (
3 questions à Zeynep Or
)