La prise en charge des enfants en médecine générale
septembre 2007
Le numéro 588 (juillet 2007) de la revue Etudes et
Résultats (revue en ligne de la Drees) est
consacré à une étude conduite en 2002
sur la prise en charge des enfants en médecine
générale. Extraits (de présentation un
peu remaniée, pour la clarté de
l'exposé) :
" Au 1er janvier 2004,
l’INSEE recensait près de 12 millions
d’enfants de moins de 16 ans, soit un cinquième de
la population en France métropolitaine. Malgré
leur nombre important, le recours aux soins des enfants a
été peu étudié,
qu’il s’agisse des motifs du recours ou des
dépenses associées : aucune évaluation
des dépenses destinées aux soins des enfants
n’est aujourd’hui disponible.
En France, les enfants
ont un statut particulier dans le système de soins :
l’enfant ou l’adolescent de moins de16 ans est
affranchi du parcours de soins. Le médecin
généraliste n’est pas la seule
modalité de recours pour les soins primaires : le
pédiatre peut en effet assurer le rôle de
médecin traitant. D’après une
étude de la Caisse nationale d’assurance maladie
des travailleurs salariés (CNAMTS) en 2002, parmi les
enfants de moins de 3 ans, 5 % ont vu seulement un pédiatre,
40 % ont vu seulement un généraliste et 55 % ont
été suivis conjointement par un
généraliste et un pédiatre.
Ils constituent 13% de
l’ensemble des consultations et visites des
médecins généralistes. 88% des jeunes
patients qui consultent un généraliste le font
dans le cadre d’un suivi régulier. Ils sont plus
souvent pris en charge par les jeunes femmes médecins Les
consultations ont le plus souvent lieu au cabinet du médecin
et sont en moyenne plus courtes que celles des adultes (en moyenne,14
minutes, soit 2 minutes de moins que pour l’ensemble de la
population. Plus du tiers des séances avec des enfants ne
durent pas plus de10 minutes, 47 % entre 11 et 15 minutes et 19 % plus
d’un quart d’heure).
L’activité
des médecins généralistes
auprès des enfants se concentre autour d’un nombre
restreint de diagnostics qui concernent des pathologies a priori
bénignes et relèvent essentiellement
d’affections des voies respiratoires hautes ou
d’actes de prévention (près de 70 % des
séances).
Près
d’un tiers des consultations consacrées aux
enfants ne donnent lieu à aucune prescription
médicamenteuse (contre un cinquième pour
l’ensemble des patients). Près de la
moitié des prescriptions relèvent de seulement
trois sous-classes médicamenteuses (expectorant, antalgique,
traitement rhinopharyngé ; 14 % des prescriptions sont des
antibiotiques).
L'étude
confirme les résultats de précédents
travaux qui montraient la survenue plus fréquente
d'asthme et d'allergies dans les familles
défavorisées
et le moindre recours de
celles-ci aux spécialistes et notamment au dermatologue.
Les séances
de prévention (vaccination, examens
systématiques) correspondent à près de
13 % des séances. Ces séances, quasiment toujours
non urgentes et réalisées au cabinet, sont
particulièrement courtes puisque 41 % d’entre
elles durent moins de 10 minutes. Les enfants issus de familles
défavorisées consultent
significativement moins
pour des motifs de prévention.
La prise en charge des
maladies chroniques par les médecins
généralistes ne représente chez
l’enfant que 10 % des séances contre 27 % chez les
adultes pour le suivi des affections de longue durée (ALD)."
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