La bataille des acides gras "trans"
mai 2007
Dans le Monde du 9 mai 2007. extraits :
" Inconnus du grand public, les acides gras trans augmentent, en cas de surconsommation, les risques de maladies cardio-vasculaires. Leur nocivité a été démontrée au cours des années 1990. Outre-Atlantique, ils font l’objet d’une bataille acharnée en vue de les faire disparaître de l’alimentation - on commence aussi à s’interroger sur leur lien éventuel avec l’obésité. En France, ils ont fait parler d’eux il y a bientôt dix ans. Les fabricants de margarines, visés, ont modifié leurs pratiques. Depuis, le silence règne.
Présents de façon naturelle dans les viandes et les produits laitiers, les acides gras trans peuvent également avoir une origine industrielle : ils apparaissent lorsque les huiles liquides sont transformées en graisses solides par hydrogénation partielle, une méthode développée dans les années 1950 par le secteur agroalimentaire. Le processus permet d’améliorer la durée de conservation et la texture des préparations, en rendant par exemple les frites ou les biscuits plus croustillants. On peut les trouver dans tout genre de produits frits et/ou industriels, comme les viennoiseries, le pain, les barres de céréales, les gâteaux pour apéritif, ou les pâtes à tarte...
Les Français, comparés aux Américains, qui ingurgitent plus d’aliments industriels, ont un taux de consommation faible (2,7 grammes par jour en moyenne, contre 8 à 10 grammes). Mais les adolescents en mangent trop. (...)
Courant mai, les 1 085 restaurants de McDonald’s en France vont donc s’adapter. (...) Dans la foulée du communiqué de son concurrent, Quick a annoncé qu’il allait aussi changer d’huile pour réduire les acides gras saturés, après avoir réduit les trans en... 1998. (...) . Le Danemark tente depuis quelques années de convaincre l’Union européenne d’imposer une réglementation, et a fixé un taux limite dans les produits transformés depuis 2003. La Commission, qui s’en était offusquée, vient de renoncer, le 21 mars, à poursuivre Copenhague - Bruxelles avait émis l’hypothèse que cette réglementation pourrait restreindre le commerce communautaire, et donc être incompatible avec le traité européen.
(...) Les associations de consommateurs n’admettent pas devoir s’en tenir à la bonne volonté des industriels. (...) L’Afssa (Association française de sécurité sanitaire des aliments) préconise un étiquetage, insistant sur le fait qu’il serait « de nature à inciter les industriels à améliorer la composition de leurs produits ». En outre, il pourrait s’inscrire dans le cadre du projet d’étiquetage nutritionnel en préparation à Bruxelles. Mais rien ne dit que les acides gras trans y seront intégrés, cette question faisant aussi débat.
UFC-Que choisir est contre : « Si un composé est considéré comme néfaste, alors les pouvoirs publics doivent le retirer. »