L’image de l’amour charnel au Moyen-Âge
octobre 2008

L’Eglise a mis des siècles à convaincre les esprits occidentaux que la chair est coupable, la sexualité condamnable et la femme un danger pour le salut des âmes. Elle n’y est jamais totalement parvenue : toujours une résistance s’est manifestée, qu’elle vienne des élites ou du peuple. Surtout, à force de placer le combat contre le Mal (le Séducteur) à l’intérieur de chacun, elle a fait grandir chez tout individu le sentiment d’exister d’abord pour soi. Elle a fait advenir l’individualisme moderne. C’est cette histoire que retrace le beau livre de Florence Colin-Goguel.
Depuis quelques décennies, les images ont acquis droit de cité chez les historiens du Moyen-Âge : confrontées aux textes, elles en apprennent long sur les mentalités. Le parcours proposé par l’ouvrage reprend ces allers-retours, en tableaux pleins de surprises, de découvertes et de petites joies délicieuses à comprendre les mille et un détails qui font le sens d’une image pour les gens d’alors. Pourtant, à quelques rares exceptions près, les scènes ne sont guère émoustillantes : la censure cléricale veille. Mais justement : l’insistance à écarter le plaisir oblige à se représenter cet ennemi imaginaire, à se le mettre devant les yeux avant de tenter de le saisir.
Florence Colin-Goguel. L’image de l’amour charnel au Moyen-Âge. Préface de Michel Pastoureau. Seuil, 2008. 190 pages. 45 euros.
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