L’avenir de l’hôpital passe par la médecine générale
mai 2008
Il faut saluer l’effort fait par François Danet pour situer la réflexion sur l’hôpital dans le cadre plus général de l’histoire et des évolutions actuelles de notre société, telles qu’elles sont éclairées par les sciences dites humaines. On peut ne pas partager en tous points son analyse, mais on devra reconnaître qu’elle est soutenue par une très grande érudition, par l’expérience pragmatique qu’a l’auteur, médecin et sociologue, de son sujet et par une rigueur de raisonnement rarement prise en défaut.
Pour lui, l’hôpital est actuellement soumis à une double logique, celle des hyperspécialistes médicaux ou chirurgicaux et celle des gestionnaires, tantôt alliés, tantôt opposés, mais dont la principale victime est la masse des patients que ni l’une ni l’autre ne reconnaissent. D’où le développement exponentiel des urgences, qui traitent du tout venant, et le problème lancinant qu’elles posent aux organisations hospitalières : que faire des patients qu’elles recrutent et qui ne rentrent dans aucun des cadres nobles de la « vraie » médecine ou de la « bonne » gestion ?
Sa conclusion pourra surprendre, elle n’en donne pas moins à réfléchir : si le problème est la prise en charge de la « globalité » des patients, alors l’avenir de l’hôpital passe par la valorisation de la médecine générale de ville, le renouvellement de ses pratiques (de son organisation) et l’approfondissement de ses spécificités. Manifestement, ça n’est guère le chemin suivi actuellement.
François Danet. Où va l’hôpital ? Desclée de Brouwer. 2008. 222 pages, 18 euros.
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