Contrefaçon de médicaments : l’Europe touchée.
juin 2007
La presse dans son ensemble a rendu compte du phénomène. Ainsi, le Monde du 25 mai 2007 :
” Officiellement, la contrefaçon de médicaments - 10 % du marché pharmaceutique mondial, soit 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires (37,2 milliards d’euros) - est un problème de pays en voie de développement. En 2007, ce mythe ne tient plus : l’Europe a commencé à être touchée.
En 2005, les statistiques douanières européennes faisaient état de 148 saisies qui avaient permis de confisquer 560 598 boîtes de faux médicaments. Les données pour 2006 ne sont pas encore disponibles, mais les premières estimations font état d’une augmentation de plus de 380 % de ces prises. Les douanes françaises à elles seules ont saisi plus de 590 000 boîtes en 2006.
Un second mythe concernant le trafic de médicaments est aussi en train de voler en éclats. Jusqu’à présent, il était admis que la contrefaçon et la contrebande en Europe ne concernaient que des produits dopants (stéroïdes) ou touchant à la sexualité (Viagra, Cialis…). En réalité, d’autres produits, notamment ceux où le pronostic vital est en jeu - faux antibiotiques, faux anticholestérol, faux antitrhombotiques, molécules anti-obésité trafiquées, anticancéreux vides de principe actif… - progressent sur le marché. (…)
Qui sont les trafiquants ? Des organisations criminelles parfaitement structurées. Les triades de Hongkong et de Taïwan qui ont acheté des complicités dans leurs régions d’origine, le Fujian et le Setchouan en Chine continentale, ont construit des usines, embauché des ouvriers et font garder le tout par des policiers véreux dans le but d’inonder la planète de faux médicaments. (…) Mais le trafic de médicaments peut aussi être le fait de larrons d’occasion.
Quant aux points d’entrée des molécules trafiquées dans le système commercial, les professionnels en dénombrent deux principaux. Le premier est Internet. Chacun a la possibilité de commander ses produits à de fausses pharmacies en ligne.
Le second, moins connu du grand public, est le système dit d’importations parallèles de médicaments. (…) Un professionnel corrompu peut inonder les pharmacies avec des produits dangereux.“