Centres d’appel téléphonique : la mauvaise réputation
janvier 2008
Vu dans La Croix du 9 septembre 2007 (extraits) :
" Rarement un secteur d’activité a eu aussi mauvaise réputation. Mais bien peu connaissent un tel dynamisme. Apparues il y a une quinzaine d’années, les plates-formes téléphoniques emploient déjà 220 000 personnes en France. Cette croissance devrait se poursuivre au rythme de 5 à 10 % par an.
Environ 80 % des centres d’appel sont internes aux entreprises. Les 20 % restants sont gérés par des prestataires sous-traitants, soit en France (35 000 personnes) soit à l’étranger (25 000). Les trois secteurs qui ont le plus recours aux centres d’appel sont la banque-assurance (20 % des emplois), l’informatique et les télécoms (9 %), la distribution (7 %).
Isolés les uns des autres par de fragiles paravents, les téléopérateurs s’entassent sur des plateaux pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes. Un casque accroché aux oreilles, les yeux rivés sur un écran d’ordinateur, ils répètent la même conversation, parfois sept heures par jour pour vendre un placement financier ou aider un néophyte à installer sa connexion Internet.
« En confiant leurs centres d’appels à des prestataires spécialisés, les grandes entreprises veulent surtout gagner en flexibilité et réaliser des économies, relève Éric Dadian, président de l’Association française des centres de la relation client (AFRC). Le coût horaire moyen d’un opérateur en interne s’élève à 50 €, contre 30 € chez un prestataire. » La masse salariale représente 60 à 70 % des coûts d’un opérateur.
Sur les trois dernières années, la moitié des emplois créés par les 30 premiers acteurs du marché français l’ont été dans un pays à bas coût. Soit 25.000 postes. Le Maroc notamment, avec sa législation particulièrement souple en matière de travail de nuit et le dimanche, sa semaine légale de 44 heures et ses trois semaines de congés payés, fait figure de nouvel eldorado. Recrutés parfois à bac + 4, les 18 000 salariés marocains des centres d’appel sont bien payés, jusqu’à trois fois le smic local (200 € par mois).
Conscients qu’il est urgent de revaloriser le métier de téléopérateur pour assurer son développement sur le territoire français, les professionnels de la relation client ont créé en 2005 un label de responsabilité sociale. L’enjeu est considérable car, mieux structuré, le secteur des centres d’appel pourrait devenir un véritable outil de promotion sociale. "