Anthropologie médicale : une anthologie à télécharger gratuitement
octobre 2008
Voici comment Jean Benoist (médecin et anthropologue, professeur émérite au Laboratoire d’Écologie humaine, Université d’Aix-Marseille) présente l’anthologie de livres d’anthropologie médicale, en deux tomes, qu’il est possible de télécharger gratuitement sur le site de l’Université du Québec à Chicoutimi (extraits) :
" Qui n’a rêvé de saisir d’un coup d’œil le panorama de ce que d’autres ont pensé, vécu, écrit sur le thème qui le préoccupe ? Or, malgré les lectures accumulées, tout semble se passer comme si la mémoire fuyait, à la façon du paysage vu d’un train en marche. (...)
Mais surtout, il y a tout ce qu’on n’aura jamais lu…
C’est de telles réflexions qu’est née cette anthologie. Elle offre une vue panoramique, grâce à cette immense réserve de connaissances que sont les comptes-rendus parus dans des revues scientifiques. (...)
Rédigées souvent par des experts en la matière, ces analyses présentent, puis commentent, un livre. Certaines sont plus précises que d’autres, mais je me suis efforcé ici de ne retenir que des contri butions qui apportent de l’information au lecteur, et qui concernent des livres qu’il a intérêt à découvrir, même s’ils font parfois l’objet d’une appréciation qui les conteste. Je n’ai pas hésité à élargir le champ couvert, en direction d’ouvrages qui, sans être à proprement parler au centre du thème de cette anthologie, l’enri chissent par des données ou des points de vue novateurs.
Parmi ces livres, on en trouvera donc quelques-uns qui sont devenus des classiques, d’autres qui peuvent sembler mineurs, tandis que certains, peu connus, seront des découvertes pour le lecteur. À eux tous, ils construisent le paysage d’une anthropologie tournée vers la façon dont les sociétés perçoivent, définissent et expliquent ces agressions que sont la maladie et la mort, et les moyens qu’elles emploient pour prendre en charge les demandes de ceux qui les subissent. Par-delà l’immédiateté du mal et de la mort, ce sont des cadres de réponses aux énigmes que sont le corps et la vie qui se dégagent alors. (...)
Pas plus que l’anthropologie religieuse ne se limite aux religions codifiées de l’Occident, ou l’anthropologie culturelle à la culture au sens du « ministère de la culture », l’anthropologie médicale ne se cantonne à ce que prennent en compte les médecins. (...) L’anthropologie médicale implique que l’attention se porte sur tout ce à quoi on « remédie » en prenant soin de celui qui demande aide : elle traite du malheur, de sa gestion, de son interprétation ; elle dépasse le corps, ses agressions et ses lésions, et porte sur les voies multiples par lesquelles les sociétés ont donné des réponses aux questions que le fait d’être vulnérables, souffrants et mortels pose à toute l’humanité et à chaque individu."