Adoption et parainage : nuisance ou sauvetage ?
octobre 2008
Table-ronde "Adoption et parainage : nuisance ou sauvetage ?", le 20 novembre 2008 à l’Université Aix-Marseille II, Faculté de Médecine, secteur Nord, 13h45, dans le Cadre de la 3e Journée provençale de la santé humanitaire (avec notamment Boris Cyrulnik et Jean-François Mattei).
Communiqué :
" Peu importe la cause – pauvreté excessive, catastrophe naturelle, guerres, déplacements ayant dispersé les familles et autres fléaux – le secours des enfants en situation d’abandon peut être envisagé sous plusieurs angles… Secours d’urgence transitoire, aide au développement global de la communauté, pressions politiques pour que l’État assume un rôle d’assistanat, implantation d’orphelinats, parrainage individuel ou collectif… autant de types d’aide auxquels les humanitaires se sont traditionnellement consacrés, et qui ne sont pas, chacun en son genre, sans poser un certain nombre de problèmes éthiques. Ainsi, ne s’agit-il pas d’ingérence des humanitaire dans un domaine qui devrait être réservé à l’État ? Et les parrainages ne sont-ils pas une façon de flatter l’ego du donateur plutôt qu’une véritable solution ? Pourquoi aider un enfant plutôt qu’un autre et comment sera-t-il perçu dans sa communauté ?
Mais quand on aborde la question de l’adoption, plusieurs s’interrogent encore davantage, sur le lien que font encore certaines personnes entre adoption et action humanitaire. Un an après le naufrage de l’Arche de Zoé, les questions fusent encore – notamment celle de la légitimité de l’action humanitaire en ce domaine.
Parmi les mesures de protection de l’enfance comme l’action éducative en milieu ouvert (prévention de l’abandon), le recueil par une
famille d’accueil, le parrainage, le placement en institution temps plein ou partiel, etc., l’adoption est celle qui touche le moins d’enfants. Bien sûr, dans certains pays d’Afrique notamment, le rôle de la famille élargie qui prend l’orphelin en charge « naturellement » évite souvent de recourir à l’adoption.
Il est aussi important de se rappeler que la majorité des enfants adoptés ne sont pas des orphelins au sens premier du terme. Les orphelins ne représentent pas plus de 10 à 15% des enfants adoptés à l’international en effet. La situation économique, les pressions sociales… amènent des familles à se séparer de leurs enfants. De quels enfants parlons-nous donc aujourd’hui quand nous
abordons le thème de l’adoption ?
Par ailleurs, beaucoup de pays en développement ferment progressivement leurs frontières à l’adoption internationale alors que la demande dans les pays riches ne cesse de croître… (Il y a environ 40 000 adoptions internationales par an dans le monde, alors que 30 000 familles uniquement en France détiennent un agrément valide et espèrent un enfant). Mais cette question ne renvoie- t-elle pas principalement au désir d’enfant de couples, pour la plupart infertiles ? L’acte d’adoption peut-il se penser autrement qu’égoïstement ? Le bien de l’enfant adopté est-il toujours au centre de cet engagement ? Et quel sort réserve-t-on aux enfants handicapés, plus âgés, moins voulus en un mot ? Enfin ? Quels changements apporteront les nouvelles mesures gouvernementales annoncées en août dernier ?
Les questions sont nombreuses (entre parrainage, adoption simple, pupilles, etc.) et les nuances à apporter pour un sujet aussi émotif que complexe demeurent nécessaires."
Pour tout renseignement : Julie Bégin - 04.37.28.74.57 - julie.begin@cesh.org
CESH
(Centre européen de la santé humanitaire)